Réunion du Comité exécutif de la FIAF à Bologne/Italie: l’ABCA est représentée à travers la Cinémathèque Africaine

La réunion du Comité directeur de la FIAF a lieu les 1er et 2 décembre 2025 en Italie à la Cinemateca di Bologna à Bologne. La Cinémathèque Africaine de Ouagadougou, un des départements de l’ABCA a été représentée par M. TIRA Léonce, par ailleurs membre du Comité exécutif directeur de la FIAF, représentant le continent africain depuis avril 2025. Lors de cette réunion les membres du Comité directeur de la FIAF ont discuté et décidé des initiatives stratégiques clés pour l’organisation, examiné et d’approuvé les rapports financiers et budgets de la Fédération, et ont été informés de l’avancement des projets en cours de la Fédération. L’ABCA revient avec des projets concrets (la participation des archivistes africains au prochain congrès de la FIAF, des possibilités de stages professionnels dans des institutions des affiliés, …)

𝐋𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝟐𝐞 𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐂𝐢𝐧𝐞́ 𝐀𝐜𝐚𝐝𝐞𝐦𝐲 : 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝’𝐞́𝐥𝐞̀𝐯𝐞𝐬

L’Agence Burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel (ABCA) a lancé le vendredi 21 novembre 2025, la deuxième édition de Ciné Academy. Ce concept qui consiste à projeter des films suivis de débats dans les établissements scolaires piloté par le Département de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou a pour objectif principal promouvoir l’éducation par l’image et faire connaitre le cinéma africain aux plus jeunes. « Il faut éduquer les enfants au cinéma et par le cinéma qui est un canal puissant qui a fait ses preuves ailleurs. Le projet vise à éveiller instruire et inspirer » affirme Patrice Bazié, Conseiller technique du directeur général de l’ABCA. Cette édition envisage impacter plus de 3000 élèves.

C‘est le Complexe scolaire privé Ophel, situé au quartier Pissy de Ouagadougou qui a accueilli la première étape de Ciné Academy 2025. Les élèves venus nombreux ont eu droit à deux films :

– Zalissa de la burkinabè Carine Bado, poulain de bronze fiction court métrage au Fespaco 2021 qui sensibilise sur les tentations dans les familles modestes et la nécessité pour les enfants d’avoir de bonnes mœurs.

– Le chasseur et l’antilope du camerounais Narcisse YOUMBI : un conte africain qui met en scène la sacralité de la parole donnée et la nécessité de tenir ses engagements pour ne pas subir des conséquences dommageables et parfois irréversibles.

Au delà des valeurs sociétales enseignées aux élèves, la séance a suscité des vocations au sein de plusieurs enfants. Ils se sont beaucoup intéressés aux métiers du cinéma et surtout à comment y accéder.

La soirée a aussi été l’occasion promouvoir l’Alliance des Etats du Sahel (AES) dont l’hymne a été chanté.

Avant les projections des films, le fondateur du complexe scolaire privé Ophel, Alfred BELEM, a dit sa satisfaction d’accueillir cet évènement et a remercié l’Agence Burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel pour cette initiative qu’il juge pertinente.

Ciné Academy s’étend jusqu’en 2026 dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. En attendant, le prochain rendez-vous est prévu le 12 décembre 2025 au lycée privé Konwendwaogré 1 de Wappassi à Ouagadougou.

 

 

 

 

 

𝐅𝐚𝐬𝐨 𝐅𝐢𝐥𝐦𝐬 𝐖𝐚𝐤𝐚𝐭𝐭 : l’éducation par l’image

L’Agence Burkinabè du Cinéma et de l’Audiovisuel (ABCA) à travers son département Cinémathèque Africaine vous donne rendez-vous ce vendredi 07 novembre 2025 à 15h, à la salle de l’ex-CES à Ouagadougou, pour le lancement officiel de Faso Films Wakatt, sous le patronage du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. À travers ce programme, l’ABCA souhaite éduquer par la force de narrations, par des images audacieuses et pour l’éveil des consciences. Les projections se tiendront une fois par mois à la salle de l’ex-CES, désormais siège de l’ABCA, avec une séance pour les enfants ⁠et une autre pour les adultes.
Venez découvrir, apprendre et vivre le cinéma autrement.
En collaboration avec l’Association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B).

Participation de la Cinémathèque Africaine à la 2e édition du Festival du film d’archives DECASIA au Nigéria

Du 27 au 30 juillet 2025 Lagos au Nigéria, monsieur Léonce TIRA, Directeur de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou a participé à la 2e édition du Festival du film d’archives (DECASIA). Ce festival est organisé par Nigerian Film Corporation (NFC), en collaboration avec la Lagos Film Society, l’Arsenal Institute for Film and Video Arts (Berlin, Allemagne), le Deutsche Filminstitut and Filmmuseum (Francfort, Allemagne), l’Université Goethe, Francfort, et le DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst) Allemagne. Le Festival du film d’archives DECASIA vise à passer en revue la profession d’archiviste africain en tant que vocation vitale, bien que souvent sous-estimée, dédiée à la collecte, à la préservation, à la documentation et à la diffusion des archives culturelles, historiques et institutionnelles riches et diverses de l’Afrique. Il permettra aux participants de comprendre que les archivistes sont les gardiens de la mémoire, sauvegardant le patrimoine matériel et immatériel pour les générations futures, favorisant l’identité, la responsabilité et le développement national.

 

 

Au regard de l’expérience capitalisée et de ses connaissances dans le domaine du patrimoine cinématographie, le Directeur de la Cinémathèque participe à ce festival en tant que communicateur à la session sur la profession de l’archiviste africain. Il prend part à toutes les activités prévues afin de partager non seulement son expertise et son expérience et acquérir des connaissances capitales pour le développement de ses performances et celui de la Cinémathèque, mais aussi nouer des partenariats organiques et renforcer la notoriété du département dont il a la charge.

 

 

 

Participation de la Cinémathèque Africaine au congrès annuel de la FIAF à Montréal : son Directeur, Monsieur Léonce TIRA, a été élu membre du Comité exécutif de la FIAF

Membre de la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF) depuis 1994, la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou (CAO) participe régulièrement aux différents congrès annuels de la FIAF en virtuel ou en présentiel depuis 2021. Cette année, le Directeur de la CAO, Monsieur TIRA Léonce a été invité à participer au congrès annuel pour présenter une communication retenue par le comité scientifique du congrès dans le cadre d’un appel. Cette communication intitulée :« Archives cinématographiques et audiovisuelles africaines entre réemploi et valorisation :  cas de la création de nouveaux films, « Thomas SANKARA : l’Humain » et « Hakilitan, ou mémoire en fuite » », s’inscrivait dans le cadre d’un symposium du congrès 2025 porté sur les « Archives du film dans le Sud global » plus précisément l’axe traitant Réemploi des archives : détournement ou révision des images ?

La présentation a débuté avec une introduction qui commence par un bref historique suivi de la présentation de la CAO. Ensuite il est revenus sur le sujet proprement dit qui portait sur le réemploi des archives audiovisuelles dans des films avec des illustrations d’extraits d’images des films « Thomas SANKARA : l’Humain » et « Hakilitan, ou mémoire en fuite ».

La présentation a été très bien appréciée et félicitée par l’ensemble des intervenants.

 

 

En marge de cette Assemblée générale de la FIAF, la CAO à travers son Directeur, Monsieur TIRA Léonce, a été élu membre du Comité exécutif de la FIAF. Il est à noter que c’est un première pour l’Afrique d’intégrer ce comité actuellement composé de 13 membres. Le Président, le Secrétaire général et le Trésorier sont élus séparément par les représentants des membres de la FIAF uniquement. Sur les dix membres ordinaires du CE, sept sont élus par les représentants des membres et trois par les représentants des associés.

Le Comité exécutif actuel se compose de :

– Président: Peter Bagrov (Musée de George Eastman, Rochester)
– Secrétaire général: Tiago Baptista (Cinemateca Portuguesa, Lisbonne)

– Trésorier: Cecilia Cenciarelli (Fondazione Cineteca di Bologna, Bologne)

– Vice-Président: Sanchai Chotirosseranee (Film Archive – Public Organization, Bangkok)

Membre de la CE représentant les membres

– Caroline Fournier (Cinémathèque suisse, Lausanne), Vice-Secrétaire général:

– Arike Oke (BFI National Archive, Londres),Vice-trésorier:

– Elisa Jochum (Deutsche Kinemathek – Museum f’r Film und Fernsehen, Berlin)

– Heather Linville (Bibliothèque du Congrès – Centre national de conservation audio-visuelle, Culpeper)

– Gyurgy Raduly (Institut national du film en Hongrie – Archives du cinéma, Budapest)

– Stefanie Schulte Strathaus (Arsenal – Institut pour le film und Videokunst, Berlin)

– Ricardo Cantor Bossa (Cinemateca de Bogota, Bogot)

Membre de la CE représentant des associés

– Drika de Oliveira (Cinemateca do Museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro)

– Léonce Tira (Cinémathèque Africaine de Ouagadougou – FESPACO, Ouagadougou).

 

Valorisation d’archives cinématographiques : un exemple de coopération internationale avec la Cinémathèque québécoise.

 

En 2024, la Cinémathèque québécoise, la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou et l’Institut Fondamental d’Afrique Noire – Cheikh Anta Diop se sont uni autour d’un projet intitulé Valorisation d’archives cinématographiques : un exemple de coopération internationale, soutenu par le programme Coopération Québec-Sénégal 2024-2025 du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.

Cette initiative est mise en place pour assurer la sauvegarde et la valorisation des originaux de tournage captés par les cinéastes Danièle Lacourse et Yvan Patry, ainsi que leur équipe, en Érythrée, Éthiopie et au Rwanda entre 1985 et 1996. Étant la seule équipe de tournage sur place, dans les cas particuliers du Rwanda et de l’Érythrée, ce matériel est d’une rareté sans pareil, témoignant du génocide au Rwanda (trois tournages de 1994 à 1996) et de plusieurs années de la guerre d’indépendance en Érythrée (4 tournages de 1985 à 1991). Consigné sur près de 500 cassettes Betacam, ce matériel est offert par Danièle Lacourse à la Cinémathèque québécoise, une première fois en 2017, puis une seconde fois en 2021 après s’être tournée vers d’autres organismes canadiens voués à la préservation du patrimoine. Bien que son contenu soit historiquement exceptionnel, à ces deux moments, le comité d’acquisition de la Cinémathèque québécoise en est venu à la conclusion qu’elle n’était pas l’institution adéquate pour préserver, mais surtout pour valoriser ce fonds.

Ce dossier demeure sur le statu quo jusqu’en 2023, alors que Léonce Tira, directeur de la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou réalise un stage d’observation professionnel à la Cinémathèque québécoise, soutenu par la Fédération internationale des archives du film. À ce moment, je le questionne sur les politiques d’acquisition de sa cinémathèque. C’est alors que je comprends que la proposition de Danièle Lacourse cadre tout à fait avec la mission de son organisation. C’est ainsi qu’en août 2023, Léonce et Danièle se rencontrent une première fois et que Léonce visionne un échantillonnage d’une dizaine de cassettes numérisées pour l’occasion. De retour au Burkina Fasso, Léonce nous confirme sa volonté d’intégrer le Fonds Danièle Lacourse à la collection de la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou. Le seul aspect qui semble ambitieux est celui d’assurer le transport sécuritaire des 500 cassettes au Burkina Fasso. C’est ainsi qu’est venue l’idée d’entreprendre la numérisation du fonds afin que seuls les éléments numérisés soient transmis. Il ne restait qu’à trouver une manière de financier ce projet

En discutant avec l’un des conseillers de la Direction Afrique et Moyen-Orient du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, j’apprends l’existence de l’Appel à projets Québec-Sénégal 2024-2025 qui soutient différentes initiatives, notamment culturelles. C’est ainsi que Léonce et moi rencontrons Abdoulaye B. Ndiaye, Directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire – Cheikh Anda DIOP pour discuter de l’idée suivante : que la Cinémathèque québécoise numérise les archives de Danièle Lacourse afin de remettre à la Cinémathèque Africaine, les fichiers de conservation et à l’Institut fondamental d’Afrique noire – Cheikh Anda DIOP, des copies d’accès, à l’occasion du congrès annuel de la Fédération internationale des archives du film (FIAF) en mai 2025 à Montréal. Ainsi, la Cinémathèque Africaine veillera à migrer ces fichiers selon les normes de préservation numérique reconnues par le milieu pour en assurer la pérennité. L’IFAN, quant à lui, puisera dans les copies d’accès pour développer des projets de recherche, puis, dans un second temps, élaborera une journée d’étude autour de ce fonds, en incluant les pays concernés. Ce projet est accepté en août 2024 et s’amorce ensuite la numérisation impliquant notre responsable de la production et de la préservation numérique, Nicolas Martel. Près de 250 heures sont nécessaires pour numériser le matériel, en plus du temps consacré au transcodage et à l’archivage sur des rubans LTO.

C’est ainsi que le 1er mai 2025, un événement est organisé lors du congrès de la FIAF devant les congressistes (membres et associés de la Fédération), pour remettre le Fonds Danièle Lacourse à Léonce Tira, directeur de la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou, à Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Sénégal au Canada Gorgui CISS – à titre de représentant de l’Institut fondamental d’Afrique noire – Cheikh Anta DIOP, en présence de la cinéaste Danièle Lacourse et Nicols Martel, responsable de la production et de la préservation numérique à la Cinémathèque québécoise.

Le succès de Valorisation d’archives cinématographiques : un exemple de coopération, réside dans la complémentarité des trois partenaires et dans l’objectif commun qui nous unit : sauvegarder ce fonds afin de le valoriser. Ce qui a été accompli n’est qu’une première étape dans la volonté de rendre accessibles ces archives, puisque nous savons déjà que plusieurs chercheurs sont intéressés par ce matériel et que la tenue d’un colloque ou d’une journée d’étude est en discussion avec les partenaires. La suite est prometteuse pour le Fonds Danièle Lacourse!

Un grand merci à nos partenaires : la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou et l’Institut fondamental d’Afrique noire – Cheikh Anta DIOP, à l’équipe de la Cinémathèque québécoise, ainsi qu’au ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec pour la contribution financière.

Photo d’entête : Maryse Boyce
Léonce Tira, directeur de la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou – FESPACO, la cinéaste Danièle Lacourse, Élisabeth Meunier, directrice de la préservation et du développement des collections de la Cinémathèque québécoise, Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Sénégal au Canada, Gorgui Ciss, Nicolas Martel, responsable de la production et de la préservation numérique à la Cinémathèque québécoise et Marcel Jean, directeur général de la Cinémathèque québécoise.